Pratique

Feuille de pointage chantier : colonnes, exemple et modèle à imprimer

Passage au dépôt, changement de chantier à midi, arrêt pour la pluie : sur un chantier, une journée ne ressemble pas à la précédente. La feuille de pointage doit en garder la trace, sinon ce sont des heures et des indemnités qui disparaissent de la paie.

Sur un chantier, la feuille d'heures du bureau ne suffit pas. Il faut savoir où l'on a travaillé, si l'on est passé par le dépôt, combien de temps la pluie a arrêté l'équipe et si le repas a été pris sur place. Une feuille de pointage chantier bien tenue répond à toutes ces questions en une ligne par demi-journée, et c'est elle qui permet ensuite de payer juste : heures, trajets, paniers, intempéries. Vous trouverez plus bas les colonnes à prévoir, une semaine remplie en exemple et un modèle vierge à imprimer.

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Une feuille de pointage chantier doit indiquer, pour chaque jour : le chantier (et sa zone), les heures d'arrivée, de pause et de départ, le temps de trajet payé (passage obligatoire au dépôt, trajet entre deux chantiers), le total d'heures travaillées, le panier, les heures perdues pour intempéries et un visa du chef de chantier.

Pourquoi une feuille de pointage chantier à part

Dans un atelier où tout le monde suit le même horaire affiché, le décompte individuel n'est pas obligatoire. Sur les chantiers, c'est l'inverse : les équipes commencent à des heures différentes, changent de site dans la semaine, s'arrêtent quand il gèle. Dès que les salariés d'une équipe ne suivent pas le même horaire collectif, l'article D3171-8 du Code du travail impose d'enregistrer chaque jour, par tout moyen, les heures de début et de fin de chaque période de travail (ou le nombre d'heures faites), puis de faire le total de chaque semaine.

La feuille sert aussi de preuve : en cas de litige, l'employeur doit fournir au juge les éléments justifiant les horaires réellement effectués (article L3171-4). Ce qu'il doit conserver est détaillé dans notre article sur le compteur d'heures de l'employeur.

Les colonnes d'une feuille d'heures chantier

Une feuille de pointage classique compte arrivée, pause, départ et total. Le BTP ajoute quatre informations qui ont une incidence directe sur la paie :

ColonneÀ quoi elle sert
Chantier et zoneNom ou adresse du chantier, et zone de petit déplacement (tranches de 10 km) qui détermine les indemnités de trajet et de transport.
Arrivée, pause, départHoraires réels ; la pause se déduit du temps de travail effectif.
Trajet payéTemps de trajet compté comme travail effectif : départ du dépôt quand le passage y est obligatoire, déplacement d'un chantier à l'autre dans la journée.
Heures travailléesTotal du jour, trajet payé compris, pause déduite.
PanierOui ou non : le salarié a-t-il déjeuné sur le chantier, faute de pouvoir rentrer chez lui ?
IntempériesHeures perdues à cause d'un arrêt décidé pour gel, neige, pluie, vent, inondation ou canicule.
VisaInitiales du chef de chantier.

Pour additionner des journées comme 7 h 40 + 8 h 15 sans se tromper dans les retenues, convertissez en centièmes avant de totaliser : 8 h 15 = 8,25. Le convertisseur d'heures en centièmes le fait en un clic.

Temps de trajet et déplacements

Du domicile au chantier : pas du temps de travail

Le trajet pour se rendre sur le lieu d'exécution du contrat n'est pas du temps de travail effectif (article L3121-4). S'il dépasse le temps normal de trajet entre le domicile et le lieu habituel de travail, il doit faire l'objet d'une contrepartie, en repos ou en argent. Pour les ouvriers du bâtiment, la convention collective prévoit en plus des indemnités de petit déplacement, versées par jour selon la zone du chantier.

Passage obligatoire au dépôt et trajet entre deux chantiers

Quand le salarié doit passer par le dépôt ou le siège avant de partir sur le chantier (charger le matériel, prendre le camion, récupérer l'équipe), le temps de travail commence à l'arrivée au dépôt. Le trajet dépôt-chantier est alors du travail effectif (Cass. soc., 31 janvier 2012, n° 10-28.573), payé et pris en compte pour les heures supplémentaires. Même règle pour le déplacement d'un chantier à un autre au cours de la journée. Dans ce cas, l'indemnité de trajet n'est pas due pour ce trajet, puisqu'il est déjà rémunéré comme du temps de travail.

Petit déplacement ou grand déplacement

En petit déplacement, l'ouvrier rentre chez lui chaque soir. La convention collective des ouvriers du bâtiment prévoit alors trois indemnités journalières : repas (le panier), transport et trajet. Leurs montants dépendent de la zone (cercles concentriques de 10 km autour du siège ou du domicile, au choix de l'entreprise) et sont fixés par des accords régionaux, en général renégociés chaque année.

En grand déplacement, la distance empêche le salarié de rentrer chaque soir : l'entreprise prend en charge le logement et les repas, par remboursement, prise en charge directe ou forfait. Les indemnités de petit déplacement ne s'appliquent plus. Côté cotisations sociales, l'URSSAF présume le grand déplacement quand deux conditions sont réunies : chantier à plus de 50 km du domicile, et transports en commun ne permettant pas de faire l'aller en moins d'1 h 30. Sur la feuille, notez « GD » dans la colonne zone.

Intempéries : noter les heures perdues

Le régime de chômage intempéries (articles L5424-6 et suivants) indemnise les heures perdues quand le travail est arrêté parce que les conditions climatiques le rendent dangereux ou impossible. La liste des causes est fermée : gel, neige, verglas, pluie, vent fort, inondation et, depuis un décret du 28 juin 2024, canicule. L'arrêt est décidé par l'employeur ou son représentant sur le chantier, après consultation du CSE quand il en existe un.

Le salarié reçoit 75 % de son salaire horaire (dans la limite d'un plafond) pour les heures perdues, après une heure de carence par arrêt. C'est l'employeur qui paie, puis se fait rembourser en partie par la caisse congés intempéries BTP. Sans heure d'arrêt notée sur la feuille, la déclaration à la caisse devient approximative : une mention comme « arrêt 10 h, pluie » suffit.

Heures supplémentaires sur les chantiers

Les heures supplémentaires se décomptent par semaine, au-delà de 35 heures de travail effectif, trajets payés compris. Sans accord prévoyant d'autres taux (10 % minimum), elles sont majorées de 25 % de la 36e à la 43e heure, puis de 50 %. Les durées maximales s'appliquent comme ailleurs : 10 heures par jour, 48 heures sur une semaine. Dans le bâtiment, la Fédération française du bâtiment indique que l'accord de branche fixe le contingent annuel à 180 heures par salarié (145 heures en cas d'annualisation), un accord d'entreprise pouvant prévoir davantage.

Les heures passées au dépôt et sur la route entre deux sites sont celles qui disparaissent le plus souvent : une demi-heure par jour, c'est 2 h 30 par semaine. Pour les chiffrer, le simulateur d'heures supplémentaires applique les deux taux automatiquement, et notre méthode pas à pas pour calculer les heures supplémentaires détaille les cas particuliers.

Exemple de fiche de pointage BTP remplie

Un maçon, horaire habituel 7 h 30-12 h / 12 h 45-15 h 15, travaille la semaine du 5 octobre 2026 sur deux chantiers. Le lundi, il doit passer au dépôt charger la bétonnière. Le mardi, il reste pour finir un coulage. Le mercredi, il change de chantier à midi. Le jeudi, la pluie arrête l'équipe à 10 h.

JourChantierHorairesTrajet payéHeuresPanierIntemp.
Lun. 5A (zone 2)Dépôt 7 h 00, chantier 7 h 40-12 h 00, 12 h 45-15 h 20, dépôt 16 h 001 h 208 h 15Oui
Mar. 6A (zone 2)7 h 30-12 h 00, 12 h 45-17 h 159 h 00Oui
Mer. 7A puis BA 7 h 30-12 h 00, route 12 h 45-13 h 15, B 13 h 15-15 h 150 h 307 h 00Oui
Jeu. 8B (zone 3)7 h 30-10 h 00, arrêt pluie2 h 30Non4 h 30
Ven. 9B (zone 3)7 h 30-12 h 00, 12 h 45-15 h 157 h 00Oui
Total1 h 5033 h 4544 h 30

Lecture de la semaine :

Sans la pluie, le jeudi aurait compté 7 heures et la semaine 38 h 15. Les 3 h 15 au-delà de 35 h auraient été majorées de 25 % : 3,25 × 14,50 × 1,25 = 58,91 €.

Modèle de feuille de pointage chantier à imprimer

Le modèle ci-dessous couvre une semaine, avec deux lignes par jour pour noter un changement de chantier. Le bouton imprime uniquement le tableau, au format A4 paysage. Remplissez-le chaque soir et faites viser chaque journée. Pour un suivi sur le mois entier, utilisez plutôt notre feuille de pointage mensuelle.

Feuille de pointage chantier

Nom et prénom : ....................................................Entreprise : ..........................................Semaine du ........../........../.......... au ........../........../..........Origine des zones : siège / domicile

JourChantier / adresseZoneArrivéePauseDépartTrajet payéHeuresPanierIntemp.Visa
Lun.
Mar.
Mer.
Jeu.
Ven.
Sam.
Total de la semaine (h:min et centièmes)

Signature du salarié :Signature du chef de chantier :

Calculer le total de la semaine

Saisissez arrivées, pauses et départs du lundi au samedi : l'outil fait le total, sépare les heures supplémentaires et prépare un PDF.

Ouvrir la feuille →

Questions fréquentes

Le temps de trajet vers le chantier est-il payé ?

Le trajet du domicile au chantier n'est pas du temps de travail effectif, mais il ouvre droit à une contrepartie s'il dépasse le temps de trajet habituel, et les ouvriers du bâtiment perçoivent des indemnités de petit déplacement. En revanche, quand le passage par le dépôt est obligatoire, le trajet dépôt-chantier est du travail effectif, tout comme le déplacement d'un chantier à un autre dans la journée.

Que doit contenir une feuille de pointage chantier ?

Pour chaque jour : le chantier et sa zone, les heures d'arrivée, de pause et de départ, le temps de trajet payé, le total d'heures travaillées, le panier, les heures perdues pour intempéries et le visa du chef de chantier.

Comment sont payées les heures perdues pour intempéries ?

Quand l'employeur arrête le chantier pour gel, neige, verglas, pluie, vent fort, inondation ou canicule, le salarié reçoit 75 % de son salaire horaire pour les heures perdues, après une heure de carence par arrêt. L'employeur verse l'indemnité et se fait rembourser en partie par la caisse congés intempéries BTP.

Quelle différence entre petit et grand déplacement ?

En petit déplacement, l'ouvrier rentre chez lui chaque soir et perçoit des indemnités de repas, de transport et de trajet selon la zone du chantier. En grand déplacement, la distance l'empêche de rentrer : l'entreprise prend en charge le logement et les repas. L'URSSAF présume le grand déplacement au-delà de 50 km quand les transports en commun ne permettent pas l'aller en moins d'1 h 30.

Le salarié doit-il signer sa feuille de pointage ?

Le Code du travail demande d'enregistrer les heures chaque jour par tout moyen, sans imposer de signature. Une feuille signée par le salarié et visée par le chef de chantier reste la meilleure preuve en cas de désaccord sur les heures payées.

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