Droit du travail

Durée légale du travail : 35 heures, durée maximale et exceptions en 2026

Lois Aubry, durée légale, durée maximale, durée conventionnelle : les 35 heures ne sont pas un plafond hebdomadaire. Voici ce que dit vraiment le Code du travail.

« On est aux 35 heures. » On l'entend depuis plus de 25 ans, et la formule simplifie beaucoup. La durée légale du travail ne limite pas votre semaine, elle marque le seuil qui déclenche les heures supplémentaires. La limite, la durée maximale, se situe à 48 h par semaine. Quant aux cadres au forfait, ils peuvent travailler 218 jours par an sans le moindre décompte hebdomadaire. Le point sur les règles applicables en 2026.

Les lois Aubry et l'histoire des 35 heures

En France, la durée légale du travail a baissé par étapes :

Le principe, lui, n'a pas bougé. L'article L.3121-27 du Code du travail dispose que la durée légale de travail effectif des salariés à temps complet est fixée à 35 heures par semaine.

Durée légale et durée maximale du travail : ne pas confondre

On mélange souvent durée légale et durée maximale. La première sert à déclencher les majorations ; la seconde fixe la limite à ne pas franchir.

NotionValeurEffet
Durée légale hebdomadaire35 hAu-delà : heures supplémentaires majorées
Durée maximale hebdomadaire absolue48 hPlafond sur une semaine donnée
Durée maximale moyenne44 h sur 12 semaines consécutivesJusqu'à 46 h si un accord le prévoit
Durée maximale quotidienne10 hJusqu'à 12 h par accord ou en cas d'urgence
Repos quotidien minimum11 h consécutivesEntre deux journées de travail
Repos hebdomadaire minimum35 h consécutives24 h + 11 h de repos quotidien

Vous pouvez donc faire 48 heures sur une semaine donnée, mais pas enchaîner ce rythme, puisque la moyenne sur 12 semaines plafonne à 44 h. Entre 35 et 48 h, chaque heure est une heure supplémentaire : +25 % de la 36e à la 43e heure, +50 % à partir de la 44e, sauf accord prévoyant un autre taux (10 % minimum). Pour les chiffrer, utilisez notre simulateur d'heures supplémentaires.

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Cas exceptionnels : en cas de surcroît exceptionnel d'activité, l'administration du travail (DREETS) peut autoriser ponctuellement jusqu'à 60 h par semaine (article L.3121-21). Cette dérogation reste très encadrée.

Temps de travail effectif, amplitude horaire et repos de 11 heures

Toutes les durées ci-dessus se mesurent en temps de travail effectif. L'article L.3121-1 le définit comme le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. Une pause déjeuner où vous êtes libre de sortir n'en fait pas partie ; une pause passée à surveiller l'accueil ou à répondre au téléphone, si. Le trajet domicile-travail habituel est lui aussi exclu. Pour le calculer, partez de l'heure de fin moins l'heure de début, puis retirez les pauses pendant lesquelles vous étiez vraiment libre.

L'amplitude horaire : définition et calcul

L'amplitude horaire est le temps qui s'écoule entre le début et la fin de votre journée, pauses incluses. Elle se calcule ainsi : amplitude = heure de fin − heure de début. Si vous commencez à 7h30 et terminez à 19h avec 1 h 30 de pause, l'amplitude est de 11 h 30, pour 10 h de travail effectif.

Aucun article du Code du travail ne plafonne l'amplitude en tant que telle. La limite vient du repos quotidien : 11 heures de repos à garder sur 24 heures, ce qui interdit de dépasser 13 heures (24 − 11). Certaines conventions collectives fixent une limite plus basse, notamment dans le transport ou l'aide à domicile.

Le repos de 11 heures consécutives

Entre deux journées, vous avez droit à un repos quotidien de 11 heures consécutives au minimum (art. L.3131-1). Vous terminez à 21h ? Pas de reprise avant 8h le lendemain. Des dérogations existent par accord collectif ou en cas d'urgence, sans descendre sous 9 heures. Ajouté aux 24 heures du repos hebdomadaire, ce repos de 11 heures donne les 35 heures consécutives de repos par semaine vues dans le tableau. Pour mesurer précisément une amplitude ou un écart entre deux horaires, la calculatrice heure fait le calcul en heures et minutes.

Durée conventionnelle et secteurs particuliers

Beaucoup d'entreprises appliquent un horaire collectif différent des 35 heures, fixé par un accord d'entreprise ou de branche. On rencontre surtout ces organisations :

Le seuil des heures supplémentaires se calcule toujours par rapport à la durée légale. Dans un régime à 37 h avec RTT, les 2 heures hebdomadaires au-delà de 35 h sont compensées par les jours de repos ; seules les heures faites au-delà de 37 h sont payées comme heures supplémentaires.

Secteurs aux règles spécifiques

Hôtellerie-restauration (HCR) : la durée légale reste de 35 h, mais de nombreux contrats sont à 39 h. La convention collective majore les heures de la 36e à la 39e de 10 %, de la 40e à la 43e de 20 %, puis de 50 % au-delà.

Dans le transport routier, le temps de conduite et les pauses relèvent en plus de règles européennes (règlement CE 561/2006), et le transport de marchandises applique des durées d'équivalence.

Chez les particuliers employeurs (assistantes maternelles, salariés à domicile), une convention collective spécifique distingue le travail effectif des heures de présence responsable, qui ne sont pas rémunérées de la même façon.

En agriculture, on module souvent sur l'année : semaines longues pendant les récoltes, plus courtes hors saison, toujours dans les limites des durées maximales.

151,67 h par mois : d'où vient ce chiffre ?

La base mensuelle d'un temps plein est de 151,67 h : 35 h × 52 semaines ÷ 12 mois = 151,666… h, arrondi à 151,67. Vous le retrouvez sur les bulletins de paie, et il sert de base pour calculer le SMIC mensuel (1 867,02 € brut depuis le 1er juin 2026).

Dans les faits, le nombre de jours ouvrés change d'un mois à l'autre. En 2026, mars, juin, juillet, septembre, octobre et décembre comptent 22 jours ouvrés, soit 154 h à 7 h par jour. Mai est le mois le plus court : 17 jours ouvrés seulement (18 si le lundi de Pentecôte est travaillé au titre de la journée de solidarité), avec le 1er mai, le 8 mai, l'Ascension et le lundi de Pentecôte en semaine.

Ces écarts ne changent rien au salaire, puisque la mensualisation garantit la même rémunération chaque mois. Ils comptent en revanche si vos heures supplémentaires sont décomptées à la semaine. Pour voir votre mois en détail, jours fériés compris, passez par le calcul des heures mensuelles.

Annualisation : 1 607 h par an

L'annualisation permet à l'employeur, si un accord collectif le prévoit, de répartir le temps de travail sur l'année plutôt que sur la semaine. Le seuil de déclenchement des heures supplémentaires devient alors annuel : 1 607 h par an pour un temps plein.

Le calcul se reconstitue en trois lignes :

Une semaine à 45 h suivie d'une semaine à 30 h ne génère alors aucune heure supplémentaire, à condition de rester sous 1 607 h sur l'année et dans les durées maximales. On trouve ce système surtout dans les secteurs saisonniers (commerce, tourisme, agriculture).

Forfait jours et temps partiel

Le forfait jours des cadres autonomes

Pour les cadres dont l'emploi du temps ne suit pas l'horaire collectif, un accord collectif peut prévoir un forfait annuel en jours : on compte les jours travaillés, plus les heures. Le plafond est de 218 jours par an, journée de solidarité incluse (article L.3121-64). Le salarié n'a pas d'heures supplémentaires au sens classique, mais il conserve ses repos quotidien (11 h) et hebdomadaire (35 h), et l'employeur doit suivre sa charge de travail. Les conditions de validité, le rachat de jours et les recours sont détaillés dans le guide du forfait jours et du forfait heures.

Le temps partiel

Un contrat à temps partiel prévoit une durée inférieure à 35 h (ou à la durée conventionnelle). Sauf exceptions (demande écrite du salarié, étudiant de moins de 26 ans, cumul d'emplois…), il doit prévoir au moins 24 h par semaine depuis la loi de 2013. Les heures faites au-delà du contrat sont des heures complémentaires, majorées de 10 % puis de 25 %, et elles ne peuvent jamais porter la durée du travail au niveau de la durée légale.

Et les RTT dans tout ça ?

Personne n'a droit d'office à des jours de réduction du temps de travail (RTT). Ils n'existent que si un accord d'entreprise fixe un horaire supérieur aux 35 h légales et le compense par des jours de repos.

Prenez une entreprise à 37 h par semaine avec 12 jours de RTT par an : sur l'année, la moyenne retombe à environ 35 h. Les heures faites au-delà de 37 h sont payées en heures supplémentaires.

Le rachat de jours de RTT

Depuis la loi pouvoir d'achat de 2022, un dispositif temporaire, prolongé depuis, permet au salarié de renoncer à des jours de RTT contre rémunération, avec l'accord de l'employeur. Les sommes versées bénéficient du même régime que les heures supplémentaires :

Avant de faire la demande, vérifiez que le dispositif s'applique encore à cette date.

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À retenir : les 35 heures n'interdisent pas de travailler plus. Elles signifient que toute heure de travail effectif au-delà doit être soit majorée (heures supplémentaires payées), soit compensée (RTT, repos compensateur, annualisation, forfait jours).

Calcul mensuel avec jours fériés

Visualisez votre mois complet, jours fériés inclus, et calculez votre temps de travail effectif.

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Questions fréquentes

Quelle est la durée légale du travail en France en 2026 ?

35 h par semaine pour un salarié à temps complet (article L.3121-27 du Code du travail). C'est le seuil qui déclenche les heures supplémentaires majorées, pas un plafond : la limite absolue est de 48 h par semaine.

Quelle est la durée maximale du travail ?

10 h par jour (jusqu'à 12 h par accord ou en cas d'urgence), 48 h sur une semaine donnée et 44 h en moyenne sur 12 semaines consécutives (46 h si un accord le prévoit). En cas de circonstances exceptionnelles, l'administration du travail peut autoriser jusqu'à 60 h par semaine.

Mon employeur peut-il me faire travailler plus de 35 heures ?

Oui, dans le respect des durées maximales. Les heures effectuées au-delà de 35 h sont des heures supplémentaires, majorées de 25 % de la 36e à la 43e heure puis de 50 % au-delà, sauf accord collectif fixant un autre taux (10 % minimum).

Pourquoi 151,67 heures par mois ?

C'est la moyenne mensuelle d'un temps plein à 35 h : 35 h × 52 semaines ÷ 12 mois = 151,67 h. C'est la base utilisée pour calculer les salaires mensuels, dont le SMIC.

D'où vient le chiffre de 1 607 heures par an ?

365 jours − 104 jours de week-end − 25 jours de congés payés − 8 jours fériés = 228 jours. 228 × 7 h = 1 596 h, arrondi à 1 600 h, auxquelles on ajoute 7 h pour la journée de solidarité : 1 607 h.

Qu'est-ce que l'annualisation du temps de travail ?

Prévue par un accord collectif, elle permet de calculer le temps de travail sur l'année (1 607 h pour un temps plein) plutôt que sur la semaine. Certaines semaines peuvent dépasser 35 h si d'autres sont plus courtes, sans déclencher d'heures supplémentaires tant que le total annuel est respecté.

Le forfait jours permet-il de travailler sans limite ?

Non. Le forfait jours est plafonné à 218 jours par an et le salarié conserve ses repos quotidien de 11 h et hebdomadaire de 35 h. L'employeur doit en outre suivre régulièrement sa charge de travail.

Qu'est-ce qu'une heure supplémentaire structurelle ?

C'est une heure supplémentaire prévue dès la signature du contrat. Un contrat à 39 h comprend ainsi 4 heures supplémentaires structurelles, majorées et incluses dans le salaire mensuel. Les heures supplémentaires ponctuelles commencent alors au-delà de 39 h.

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