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Heures complémentaires à temps partiel en 2026 : majoration, plafonds et droits

À ne pas confondre avec les heures supplémentaires, réservées aux salariés à temps plein. Les heures complémentaires ont leurs propres plafonds et leurs propres taux de majoration.

Quand vous êtes à temps partiel et que votre employeur vous fait travailler au-delà de la durée inscrite au contrat, ces heures en plus s’appellent les heures complémentaires. Leurs règles ne sont pas celles du temps plein. Elles sont payées plus cher que vos heures habituelles et donnent droit à une exonération d’impôt que beaucoup de salariés ignorent.

Heures complémentaires à temps partiel : la définition exacte

Selon le Code du travail, les heures complémentaires sont les heures effectuées par un salarié à temps partiel au-delà de la durée prévue à son contrat. Elles ne peuvent jamais porter sa durée de travail au niveau de la durée légale du travail, soit 35 heures par semaine (art. L.3123-9).

La différence avec les heures supplémentaires tient au point de départ :

Les majorations se calculent sur votre taux horaire contractuel, qui ne peut pas être inférieur au SMIC 2026 ni au minimum prévu par votre convention collective.

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Un salarié à temps partiel ne peut pas atteindre 35 heures, même sur une seule semaine. Si cela arrive, on ne bascule pas en heures supplémentaires ; c’est le contrat lui-même qui est remis en cause, avec un risque de requalification en temps plein (voir plus bas).

Les deux plafonds : 1/10ᵉ et 1/3

Le nombre d’heures complémentaires que l’employeur peut vous demander sur une semaine (ou sur le mois, si votre durée est mensuelle) est limité. Deux régimes coexistent.

Régime légal : 1/10ᵉ de la durée contractuelle

Sans accord collectif, les heures complémentaires ne peuvent pas dépasser un dixième de la durée prévue au contrat :

Régime conventionnel : jusqu'à 1/3

Une convention ou un accord collectif peut relever ce plafond jusqu’au tiers de la durée contractuelle :

Dans tous les cas, les heures complémentaires ne peuvent pas porter votre durée de travail hebdomadaire à 35 heures. Si c’est le cas, votre contrat peut être requalifié en temps plein.

Majoration des heures complémentaires : +10 % puis +25 %

Chaque heure complémentaire est majorée. Sans accord collectif, la loi prévoit deux taux :

Tranche d'heures comp.Majoration légale
Dans la limite de 1/10ᵉ de la durée contractuelle+10 %
Entre 1/10ᵉ et 1/3 de la durée contractuelle+25 %

Un accord de branche étendu peut fixer un autre taux, y compris un taux unique pour toutes les heures complémentaires, à condition qu’il ne soit jamais inférieur à 10 %.

Calcul concret avec le SMIC 2026

Sarah est serveuse dans un café, avec un contrat à temps partiel de 24 heures par semaine et est payée au SMIC (12,02 € brut de l’heure jusqu’au 31 mai 2026, puis 12,31 € à partir du 1er juin). Sa convention autorise les heures complémentaires jusqu’au tiers de la durée contractuelle, soit 8 heures. Lors d’une semaine chargée, elle travaille 30 heures, soit 6 heures complémentaires.

Calcul pour une semaine de mai 2026, avant la revalorisation :

Salaire brut de la semaine : 374,30 €, contre 288,48 € pour ses 24 heures habituelles. Ses 6 heures complémentaires lui rapportent 85,82 € bruts, soit environ 14,30 € de l’heure au lieu de 12,02 €.

À partir du 1er juin 2026, avec le SMIC à 12,31 €, la même semaine donne 383,33 € bruts.

Exonération fiscale et cotisations

Depuis 2019, les heures complémentaires bénéficient des mêmes avantages fiscaux et sociaux que les heures supplémentaires (art. 81 quater du Code général des impôts) :

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Il arrive que l’employeur, ou son logiciel de paie, n’applique pas ces exonérations aux heures complémentaires, en croyant à tort qu’elles sont réservées au temps plein. Regardez la ligne correspondante sur votre bulletin : sur une année, l’écart peut atteindre plusieurs centaines d’euros.

Même exonérée, la rémunération des heures complémentaires est prise en compte dans votre revenu fiscal de référence (RFR). Il peut donc jouer sur certaines aides ou tarifs sociaux calculés à partir de ce revenu (bourses, cantine, crèche…).

Risques de requalification

Deux situations peuvent conduire à requalifier un temps partiel ou à modifier sa durée :

  1. Atteindre 35 heures par semaine : selon la Cour de cassation, il suffit que la durée du travail atteigne la durée légale, même sur une seule semaine, pour que le contrat puisse être requalifié en temps plein à partir de cette date.
  2. Dépasser régulièrement la durée du contrat : si, pendant 12 semaines consécutives (ou 12 semaines sur 15), votre horaire moyen réel dépasse d’au moins 2 heures par semaine la durée prévue, celle-ci doit être relevée d’autant, sauf opposition de votre part (art. L.3123-13). L’employeur doit vous en informer avec un préavis de 7 jours.

En cas de requalification en temps plein, vous percevez un rappel de salaire égal à la différence entre ce que vous avez touché et le salaire d’un temps plein, congés payés compris, dans la limite de trois ans, éventuellement assorti de dommages et intérêts. La somme peut atteindre plusieurs milliers d'euros. La démarche commence en général par un courrier recommandé à l’employeur ; en cas de refus, le litige se règle devant le conseil de prud’hommes.

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Notez vos heures réelles au jour le jour, par exemple 8h30-12h et 13h30-17h (la feuille de pointage gratuite sert à ça). Si les dépassements deviennent systématiques, ce relevé vous servira de preuve écrite devant le conseil de prud'hommes.

Simulateur heures complémentaires

Dans le simulateur, réglez le seuil 1 sur votre durée contractuelle avec une majoration de 10 %, puis le seuil 2 sur cette durée + 1/10ᵉ avec 25 %.

Lancer le simulateur →

Questions fréquentes

Quelle différence entre heures supplémentaires et heures complémentaires ?

Les heures supplémentaires concernent les salariés à temps plein, au-delà de 35 h par semaine. Pour les salariés à temps partiel, les heures complémentaires sont décomptées dès que la durée contractuelle est dépassée (par exemple au-delà de 24 h par semaine pour un contrat de 24 h), sans jamais atteindre 35 h. Les plafonds et les taux de majoration sont différents.

Mon employeur peut-il m'imposer des heures complémentaires ?

Oui, dans la limite du plafond prévu par votre contrat : 1/10ᵉ de la durée contractuelle, ou jusqu'à 1/3 si un accord collectif le permet. Vous pouvez refuser sans que ce soit une faute si la demande dépasse ces limites ou si vous êtes prévenu moins de 3 jours à l'avance (art. L.3123-10).

Les heures complémentaires sont-elles défiscalisées ?

Oui, depuis 2019, dans la limite de 7 500 € nets par an (plafond commun avec les heures supplémentaires). Elles bénéficient aussi d'une réduction de cotisations salariales pouvant atteindre 11,31 %. Certains logiciels de paie oublient pourtant d'appliquer ces exonérations aux heures complémentaires, d'où l'intérêt de vérifier votre bulletin.

Combien d'heures complémentaires par semaine au maximum ?

Tout dépend de votre convention collective. En l'absence d'accord, le plafond est fixé à 1/10ᵉ de la durée contractuelle. Avec un accord, il peut atteindre 1/3. Pour un contrat de 24 h par semaine, cela représente 2,4 h sans accord ou 8 h avec accord. Dans tous les cas, la durée totale doit rester inférieure à 35 h par semaine.

Si j'atteins 35 h plusieurs semaines de suite, suis-je requalifié à temps plein ?

Vous pouvez demander la requalification de votre contrat en temps plein : selon la Cour de cassation, atteindre la durée légale, même une seule fois, suffit. Vous pouvez alors obtenir un rappel de salaire sur trois ans au maximum. En cas de désaccord avec l'employeur, il faut saisir le conseil de prud'hommes.

Les heures complémentaires comptent-elles dans le contingent annuel ?

Non. Le contingent annuel de 220 h ne concerne que les heures supplémentaires des salariés à temps plein. Pour un contrat à temps partiel, il n'existe pas de plafond annuel spécifique : la limite qui compte est celle de la semaine (ou du mois), soit un dixième ou un tiers de la durée prévue au contrat.

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